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Comment adapter son discours et son programme aux différents électeurs ?


Comment adapter son discours et son programme aux différents électeurs ?

Le récap d’un Facebook live d’anthologie

À peine remis de nos grippes respectives, on a décidé de s’enfermer dans un local avec une lumière des plus naturelles, au son limpide et à l’excellente connexion wifi pour vous fournir la meilleure des expériences

Le 22 janvier est une date historique : celle du premier live de l’année 2020 par Tous Élus. On a accueilli Martin Guichard, un super expert avec plein d’expérience dans le milieu politique. Retour ici sur son parcours, la méthodologie qu’il propose et sur les questions auxquelles il a répondu. C’est dense, mais ça vaut le détour !


Mais qui est Martin ? (attachez vos ceintures)

Martin a passé une dizaine d’années dans la politique, d’abord au cabinet de Jacques Barrot, lorsqu’il était président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale et ensuite lorsqu’il était ministre du travail, des affaires sociales et de la santé. Martin a principalement été en charge des affaires locales et de la relation avec les gens dans sa circonscription de la Haute-Loire.

Il a également été élu pendant 12 ans dans une petite commune, Saint-Romain-Lachalm en Haute-Loire, comme conseiller municipal, et il a occupé pendant près de 6 ans des fonctions de délégué national de l’UDF, grand parti centriste des années 1990.

Martin a eu l’occasion, pendant 5 ans, de participer très activement à toutes les élections qui existent en France, des municipales aux présidentielles, en passant par les cantonales, les régionales et la députation. En 1997, il a dirigé la campagne locale de Jacques Barrot, qui était ministre en exercice, pour sa réélection à l’Assemblée Nationale.

Et de quoi il nous parle, Martin ?

Des trucs et des astuces pour à la fois vous adresser au plus grand nombre de manière efficace dans votre campagne électorale, tout en restant fidèles à vos convictions et à la façon dont vous aimeriez faire les choses si vous êtes élus.

Une sorte de méthodo qui tient en 5 “briques” pour vous aider à construire une ossature de votre discours politique, qu’il est important de travailler collectivement au sein de votre liste. En les combinant, elles constitueront un kit très pratique pour s’adresser plus facilement et plus efficacement à telle ou telle catégorie de la population de votre commune.

Vous êtes prêt.es ? On vous les remet à dispo juste ici 👇 Un contenu inédit adorablement proposé par Martin, illustré de manière cohérente par Mathilde.

La douleur (ça commence bien 😨)

La première brique, ce sont les objectifs — ou les douleurs — des personnes ou des groupes de personnes à qui vous vous adressez.

Cela suppose que vous ayez bien avant toute chose passé du temps à catégoriser (on dit segmenter) les groupes (par exemple les associations, les collectifs, les jeunes, les femmes…), et les individus (par exemple les élus, les personnalités de la vie civile, les leaders d’opinion…), en leur affectant deux critères :

– le premier lié à leur situation économique et sociale (tel quartier défavorisé, telle association de mamans pour l’aide aux devoirs, tel club de personnes âgées ou de sport…)

– et le deuxième lié à leurs objectifs, leurs douleurs: que veulent-ils au fond, qu’est-ce qui leur fait mal, en creusant le sujet ; par exemple : une association d’aide aux devoirs en banlieue difficile, est-ce que les mamans qui s’en occupent l’ont montée en pensant que cela permettrait aux enfants d’être plus encadrés après l’école (pour éviter qu’ils fassent des bêtises), ou est-ce que l’association existe pour pallier le manque d’effectifs de soutien scolaire du collège du coin ? Ou autre chose ?

Ce deuxième critère est essentiel à votre analyse politique, car il ne va pas chercher à n’explorer que les causes d’une situation, mais pourquoi et dans quel but les gens agissent.

👉 Pour construire cette première brique, vous pouvez vous répartir le travail au sein de votre liste pour chercher toutes les associations importantes, les personnalités qui comptent, et essayer de les rencontrer et d’analyser leur situation pour mieux comprendre leurs objectifs.

👉 Constituer un annuaire est un bon moyen d’organiser le travail pour aller à la rencontre d’un maximum de gens, si possible individuellement. Bien sûr, il ne s’agit pas d’aller dans le détail des désirs secrets de tout le monde, mais de tracer de grandes lignes qui vont vous permettre de ne pas louper des sujets importants et de surtout montrer aux gens que vous vous êtes vraiment intéressés à ce qu’ils pourraient bien vouloir.

Les leviers et les solutions

La deuxième brique de votre discours consiste à recenser l’ensemble des solutions qui peuvent être mises en œuvre par les différentes catégories de la première brique pour arriver à leurs fins et à porter un regard critique sur ces leviers et solutions en fonction de vos propres convictions.

Les gens que vous avez catégorisés dans la phase précédente ne vous ont pas attendus pour trouver des solutions à leurs objectifs (restons modestes) et ils ont d’ailleurs monté des associations, organisé des mouvements ou des manifestations sans vous…

Bim, on remet notre ego un peu à sa place

Si je reprends l’exemple de l’association d’aide aux devoirs de banlieue difficile, peut-être que la seule solution à ce jour a été de demander une subvention à la mairie pour acheter des cahiers et des stylos… alors que votre analyse de la situation montre qu’un des leviers pourrait être de demander au département d’embaucher des personnes en charge au sein du collège d’organiser l’aide aux devoirs des enfants les plus en difficultés, ou de poser les actes d’un dialogue avec la police de proximité pour voir si parmi les policiers certains voudraient être membres de l’association pour aider les enfants et créer une connexion qui va au-delà de la confrontation habituelle…

Mets du tact dans tes démarchages

Ce qui est important ici, c’est d’observer les réponses existantes ou l’absence de réponses éventuellement aux problématiques de la première brique, groupe par groupe, individu par individu.

Cela demande également un travail de recherche, de contact, d’expression libre… pour pouvoir aller au-delà de ce qui est seulement visible.

La promesse

La troisième brique de votre discours, c’est là où vous souhaitez emmener les groupes et les individus que vous avez segmentés.

Posez-vous la question suivante : lorsque j’aurai fini mon mandat, quel est le principal bénéfice que je voudrai que chaque groupe ou individu retienne de mon action de manière à en parler positivement autour de lui ?

Ce point d’atterrissage, c’est votre promesse.

C’est un moment important de la construction de votre discours, qui ne doit pas intervenir en premier dans votre travail au risque de paraître mal informé, ou rêveur… mais qui doit vous permettre, pour chaque groupe ou individu de votre première brique, de faire des choix clairs sur vos objectifs de campagne.

C’est le moment où vous choisissez vos combats, en fonction de ce qui vous paraît le plus important dans les objectifs et l’analyse critique des leviers et des solutions possibles.

Tu vas bientôt pouvoir rentrer dans le combat électoral

L’univers de votre liste

La quatrième brique est un exercice, toujours collectif au sein de votre liste, pour trouver un slogan de campagne qui va réellement refléter la couleur dominante de votre liste.

Il est de plus en plus difficile pour les électeurs de savoir où vous vous situez sur l’échelle des idées et des orientations politiques. Ni droite ni gauche, ça a été à la mode, mais les électeurs veulent savoir qui vous êtes et quelles sont vos convictions profondes.

Par exemple, Cédric Villani, à Paris, est clairement identifié comme un écologiste qui prendra des décisions s’il est élu sur la base de faits scientifiques qui prouvent l’efficacité de telle ou telle action politique. Il incarne assez facilement cette posture et on a tendance à lui faire confiance étant donné ses états de service dans la science et sa médaille Fields.

Mais cela explique aussi qu’il puisse sans se renier discuter avec EELV pourtant beaucoup plus à gauche que lui a priori, dès lors qu’il arrivera à les convaincre que son univers politique est le bon.

Au-delà de la classification droite/gauche, quelles sont vos croyances fondamentales, vos conduites à tenir, vos ancrages intellectuels… qui vont réussir à définir pourquoi votre liste a été constituée et quels en sont les ressorts idéologiques ou intellectuels.

Cela n’est pas simple mais les électeurs ont le droit de savoir, plutôt que de lire dans tous les programmes : “je suis un père de famille qui a 4 enfants et je suis chef d’entreprise…”. Franchement, ce n’est pas qu’on s’en fout, mais ce n’est pas très puissant.

Wow, Martin est un homme cash

Qu’est-ce qui vous détermine fondamentalement et comment l’exprimer pour que les gens le comprennent, et du coup, aiment, ou pas.

Il ne faut pas hésiter à prendre des risques ici, à cliver, dès lors que c’est cohérent, cela peut donner des résultats étonnants dans les urnes, sauf à apparaître comme extrêmement radical dans son approche.

Le chemin

Une fois que vous avez défini les 4 premières briques, il reste à indiquer comment concrètement vous allez parvenir à la destination, à la promesse.

Cette cinquième brique, c’est le chemin que vous voulez emprunter et faire emprunter à vos électeurs jusqu’à destination.

On aime tellement ce gif qu’on a décidé de le mettre dans tous nos articles

Concrètement, quelles actions, ainsi mises en perspectives, vont être utiles, incontournables selon vous, à discuter éventuellement avec la population ?

Il faut piocher dans l’analyse critique des leviers et des solutions existants (votre deuxième brique) pour faire émerger vos choix, vos confirmations aussi pourquoi pas, vous n’êtes pas obligé de faire toujours différemment de vos prédécesseurs.

Ne parlez pas de solution, mais de démarche en termes d’actions, de moments de consultation, mais toujours en apportant des éléments concrets.

Par exemple, à l’association d’aide aux devoirs : “nous maintiendrons la subvention, mais nous mettrons en oeuvre immédiatement une action devant le Conseil Général pour réévaluer la présence indispensable d’aidants au sein du collège, et nous vous proposerons de mettre en place un dialogue entre la police et les jeunes en proposant que des policiers, sur la base du volontariat, puissent adhérer à l’association pour leurs propres enfants ou pour aider les enfants des autres.”

Classe.

Et dans un deuxième temps, vous allez essayer de justifier, de prouver que vous serez en mesure de faire ce que vous annoncez en mettant en avant les qualités de vos colistiers et de vous-mêmes, comme par exemple : Madame X, professeur à la retraite, sera l’interface privilégiée au sein de notre mairie pour dialoguer et accompagner les associations dans les quartiers difficiles… Monsieur Y, directeur commercial, sera en charge des négociations avec le Conseil Général pour le collège…

Et si vous avez déjà fait un premier ou plusieurs mandats, vous pouvez soutenir des actions déjà proposées et qui ont eu de bons résultats dans des circonstances similaires, évidemment si ça a été positivement perçu… sans hésiter à dire ce que vous pourrez faire de mieux aussi pour aller au-delà de ce qui a déjà été fait et que vous poursuivrez peut-être.

Félicitations, vous avez tenu la distance

Les formes du discours

Et voilà ! Vous aurez avec ces cinq briques, que vous pouvez mettre dans un tableau Excel par exemple, un kit complet pour vous adresser suivant les cas, à toute la population, à une partie d’entre elle, à certains individus en particulier, tout en gardant une cohérence générale.

Dans un discours, vous serez assez général, dans un courriel ou une lettre plus spécifique, dans votre profession de foi vous parlerez à tout le monde mais sans que cela fasse le catalogue des incontournables, vous aurez tracé des transversales solides entre ce que veulent les gens et ce que vous proposez de faire. Et ça va se voir.

Vous montrerez que vos convictions sont fortes, mais que vous êtes dans l’écoute, dans la compréhension, et que vous avez bien préparé votre mandat, que vous pourrez passer à l’action immédiatement si vous êtes élus, avec le soutien d’électeurs qui auront bien compris ce en quoi vous croyez et ce que vous voulez faire pour qu’ils vivent mieux leur quotidien.


Q&A

Wow, c’est génial tout ça ! Je sais pas vous, mais moi ça m’a inspiré plein de questions pour Martin. Et on en a eu de très bonnes de la part des participant.es au cours du live 👌

Eh bien même ça on vous le partage ici, pour que vous ayez tous ces précieux conseils sous la main dès que nécessaire 🤲

  • Est-ce que dans la pratique c’est vraiment possible d’apporter une réponse/une solution à tout le monde ? À toutes les douleurs ? Est-ce qu’on peut accepter de ne pas contenter tout le monde ?

En effet, votre segmentation doit être très fine, mais il faudra dans votre profession de foi et dans la gestion de votre temps, qui n’est pas infiniment extensible, choisir vos combats prioritaires dans lequel vous serez le plus percutant.

En revanche faites une analyse approfondie pour pouvoir répondre éventuellement aux interpellations sur les marchés par exemple, de quelqu’un que vous aurez pu situer dans une catégorie et à qui vous pourrez quand même apporter une réponse, même si ce n’est pas la priorité de votre campagne.

  • Est-ce que tu penses qu’être une liste apartisane est plus avantageux pour prétendre répondre à tout le monde ? Lorsqu’on représente un parti, on est tout de suite catégorisé par les électeurs. Est-ce que ce n’est pas un frein quand tu as la volonté de bien faire et de servir les habitants avant tout ?

Dans tous les cas, apartisan ne signifie sans convictions. Or, c’est bien là le problème de certains qui s’affichent politiquement marqués sur l’échiquier, mais qui ne montrent pas beaucoup de conviction et de profondeur d’analyse dans leur campagne, mais tablent sur leur aspect sympathique et leur capacité à écouter.

On peut tout à fait ne défendre aucune boutique mais avoir des réponses très concrètes à des problèmes finement analysés et dont on pense sincèrement qu’on va pouvoir les résoudre. En se penchant réellement sur les objectifs des gens, et pas sur la seule analyse des causes générales de telle ou telle situation, on peut tout à fait définir un discours cohérent, puissant, dont les convictions apparaîtront claires aux électeurs.

Et cela, même si l’univers perçu par les électeurs est clairement partisan.

C’est comme cela que les communistes ont pendant très longtemps, et encore aujourd’hui, gagné et regagné des communes grâce à une analyse des besoins segmentés suffisamment fine pour les mener au succès.

  • Comment tu conseilles de répartir tout ce travail entre les membres de la liste ? Comment on répartit, qui fait quoi, et comment on rassemble les infos pour être sur la même longueur d’ondes ?

On peut confier le travail de recherche de la première et de la deuxième brique à ceux qui auront plus de temps et/ou connaîtront le mieux l’écosystème de la commune. Pour recueillir les problématiques sur le terrain dans ces deux briques, idéalement c’est l’occasion pour toute la liste de se répartir les visites, le porte-à-porte, les réunions publiques thématiques, etc. En fonction des affinités et des compétences aussi.

Le troisième et le quatrième objectifs sont forcément un moment très collectif avec deux ou trois ateliers pour bien se mettre d’accord sur les promesses et sur l’univers pour ne frustrer ou ne trahir personne. Tout le monde doit pouvoir participer, et donner son avis. C’est essentiel.

Pour le dernier objectif, chacun doit réfléchir dans un format proche du CV à ce qu’il apporte et ce à quoi il ou elle aimerait contribuer particulièrement en termes d’actions, en fonction de ses connaissances, de ses goûts et de ses compétences. Ensuite, on utilise cela pour mettre en valeur les membres de la liste notamment lors de l’exercice de la profession de foi en mode “preuve” comme je l’ai expliqué tout à l’heure.

  • Tu as parlé de sonder les objectifs, les “douleurs” avant de construire le programme, mais pas des moyens de construction justement. Au-delà d’écouter les citoyens, on arrive à un stade où il faut les faire participer le plus et le mieux possible. Qu’est-ce que tu préconises ? Sur quels sujets c’est intéressant de faire participer les citoyens à la construction du programme, et à quel point ? Est-ce que c’est suffisant pour dire qu’on répond à chacun ?

Dans tous les cas, il faut avoir travaillé avant de faire intervenir les citoyens à une structuration de ses deux premières briques.

Ma conviction c’est qu’il vaut mieux privilégier une véritable campagne de terrain où l’on va aller à la rencontre des groupes que l’on aura segmentés, par exemple en rencontrant les présidents de toutes les associations, en organisant des réunions publiques thématiques sur le sport, les personnes âgées, etc.

En exposant aux gens le premier niveau d’analyse qu’on aura pu faire sur les briques 1 et 2, éventuellement pauvre au début et peut-être au risque de se tromper, mais en expliquant qu’on veut compléter cette approche des besoins et des douleurs par une remontée du terrain plus précise, mais dans un cadre que vous proposez.

On ne vous reprochera jamais de vous tromper si vous montrez que vous savez écouter et changer d’avis.

Je ne crois pas beaucoup aux exercices de type grand débat, dès lors qu’on cherche à proposer des solutions en même temps qu’on écoute les problématiques… c’est mettre la charrue avant les bœufs et pas très réaliste en termes d’action publique.

  • On est à moins de deux mois du premier tour, toutes les listes ont évidemment entamé ce travail depuis un moment. Dans quels points de ta méthodo peuvent-elles encore piocher pour ajuster leurs stratégies ? Est-ce que c’est un travail qu’on peut aussi faire au cours du mandat ?

Clairement, on peut encore, à quelques semaines du premier tour, se poser la question brique par brique, est-ce que j’ai fait ce travail assez profondément, qu’est-ce que je pourrais faire pour le compléter.

Le faire très rapidement pour consacrer les dernières semaines à une campagne de terrain ou chaque membre de la liste s’est approprié le discours par catégorie et l’utilise pour dialoguer avec les électeurs.

Et mieux préparer ainsi la profession de foi (attention aux délais d’impression), pour qu’elle soit la plus percutante possible.

  • Est-ce que c’est une bonne chose d’avoir exactement la même réponse qu’une autre liste sur certains sujets ? Est-ce qu’il faut à tout prix chercher à se démarquer en apportant une réponse différente si les listes adverses se sont déjà positionnées ?

Si le travail sur les briques du discours a été fait, autant les 2 premières briques peuvent aller dans le même sens analytique qu’une autre liste, autant les 3 autres briques — point d’atterrissage, univers et chemin — sont une excellente occasion de se différencier.

Cela permet justement, en procédant ainsi, de se démarquer à coup sûr des listes qui auront un discours ultra normé et un peu convenu.


(bis)

L’ensemble des questions et des réponses est à retrouver dans la vidéo du live !

Encore un grand merci à Martin pour cette bible de conseils 🙏

À très vite pour de nouveaux lives et autres contenus pour vous booster au mieux dans vos campagnes 🤜


Mathilde pour Tous Élus 👩

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